Le chemin de retour passe sous cette très vieille maison avant d'émerger sur l'aire villageoise.
On se rend compte qu'à cette époque, qu'il était plus important d'être protégé des attaques et des intempéries en serrant les habitations les une contre les autres et en ne laissant qu'un passage suffisant pour les charrettes. La vue et l'espace était un facteur d'insécurité.
Le passage débouche dans la pente et descend en pente rapide vers la Petite Séoune. Les eaux s'y écoulent, encore comme autrefois, dans une large rigole empierrée au fond plat et bords francs. La large pierre jetée au-dessus, permet toujours aux habitants de la maison de droite de passer facilement pour aller chez eux. A gauche de ce chemin, la serre a été entaillée et a sans aucun doute servi de carrière pour construire les maisons. A droite des jardins vivriers existent toujours, les uns au-dessus de autres en terrasses. Ils sont tournés au soleil du sud-est. Nous ne jetons qu'un bref regard avant de reprendre notre route vers le sud-ouest.
Au passage nous croisons ces maisons dont le mur de torchis initial est encore visible, une partie ayant été comblée, plus récemment, de briquettes.
Ce petit "fénestrou", présente une pierre d'égout pourvue d'un élégant arrondi, ce qui témoigne du soin apporté : la maison ne devait pas être modeste.
Ici on a réduit l'ouverture de la porte initiale, sans doute depuis longtemps.
Cette maison, sans doute du XVIII° siècle, présente des encadrements de portes et fenêtres très soignés.
On trouve cette androne entre deux importantes maisons. Contrairement à la légende, ces andrones ne protégeaient guère contre la propagation du feu, le peu d'écart entre deux maisons étant dérisoire. En fait elle servait tout comme on peut le constater aujourd'hui, à l'écoulement des eaux usées, voire à se soulager à l'abri des regards.
Les images sont prises pour la 1°, à l'extérieur. Pour la seconde, à l'intérieur avec flash. En dehors du tuyau de PVC, on voit, à mi- hauteur, une pierre d'écoulement des eaux qui "lavait" les lieux.
La vue se perd, en bord de serre, vers les hauteurs de l'autre rive de la Petite Séoune. Nous sortons du village en bout duquel, se construisent trois immenses maisons, et prenons la route vers l'église Saint Martin, perchée elle aussi, en bord de serre face à la vallée.
L'édifice est imposant, sous ce ciel de plomb et devait certainement engendrer un certain respect de la part des ouailles du Moyen-Âge. Le cimetière qui la contient est immense. Le clocher en forme de tour carré percé multiples ouvertures pour les cloches, devait renforcer le sentiment d'assujettissement.
Cette église date du XII° siècle dont elle a conservé le plan et une partie du chevet. Le clocher a, quant à lui, été reconstruit après la guerre de Cent Ans dans la 2° moitié du XV° siècle. Après les guerres de religion, l' église, sauf le clocher, est reconstruite au XVII° siècle, les travaux seront achevés en 1682. Il y aura des restaurations diverses au XIX° siècle.
Ici une petite porte comme on en réservait aux malheureux cagots.
Le clocher-tour de Saint-Martin..
La masse de l'église coté vallée, offre plutôt une impression de tour défensive avec de rares ouvertures en hauteur. Elle permettaient sans doute de scruter le trafic dans la vallée.
Sur le coté de l'église, on prend conscience de l'importance réservé au passage de ce généreux cimetière.
Sur la route partant de Roquecor, le moulin sur la serre, bien placé dans le vent car les ailes, bien que sans toile, tournaient, indique le chemin menant à la voie, toute proche, d'Agen à Cahors. Quant à nous, nous suivrons une très vieille voie parallèle après le contournement en hauteur d'un profond vallon, vers Redonde. On trouve ce hameau sur la carte de Cassini.
Il ne reste que ces bâtiments de l'ancien hameau que nous passons par la gauche. Il est devenu la propriété de hollandais, comme le véhicule le témoigne, que nous saluons au passage. Les ruines de cet ensemble, assez important, est situé à notre gauche dans un espace où les arbres ont pris la place au milieu des murs encore debout ou des pierres sur le sol. Notre hollandais a une carrière à domicile! Ces maisons se situent avant la cassure du chemin en pente que nous suivons. Bordé de belles pierres qui le soutiennent encore, il est surmonté de buis gigantesques qui, faute de taille, sont montés en hauteur. Toutefois les troncs sont énormes et la voie superbe.
Sur notre droite de cette image, s'ouvre un autre vallon sauvage très profond où coulent quelques rus que la serre libère.
C'est là que se succèdent trois hameaux que les arbres dépourvus de feuilles révèlent dans un cache-cache de branches :Espagnol, Moulinié et Loustalet le bien nommé : c'est le plus petit des trois. L'oustal signifiant la maison ou mieux le "chez soi". Le suffixe, comme en français, en faisant le "petit chez soi", par rapport aux deux autres hameaux si proches! Leur orientation étant idéale car tournée vers le sud-est.
Ce très joli chemin est encore parfaitement empierré et descend en souplesse vers la vallée de la Petite Séoune.
Ici, la terre est sombre et fine, parfaitement enrichi par les éventuelles sorties de la rivière. L'espace s'élargit et les hauteurs calcaires de l'autre rive de la Petite Séoune se dressent devant nous sous un ciel lourd traversé par le soleil ...lunatique de mars!
Nous passons Boyer Bas et Boyer haut caché dans les arbres de la butte.
Le rideau d'arbres signale le cours d'eau tout proche.
Le joli serpentement de l'eau, qui reflète un ciel enfin bleu, de la Petite Séoune. C'est ce modeste cours d'eau qui, au long des millénaires à creusé patiemment cette vallée que nous traversons.
Canussel
Le village de Roquecor est encore invisible mais les premiers jardins vivriers en terrasses, sans doute très anciens apparaissent ainsi qu'un vieux lavoir en contre-bas.
Accrochées à la serre, les maisons surplombées par l'étrange tour crènelée de la mairie. Cette tour de la fin du XIX° siècle témoigne à la fois du romantisme de l'époque et de la concurence féroce entre maires et curés stimulée par la fin du pouvoir de ces derniers et le besoin des premiers de concurencer en hauteur les clochers des églises....
Curiosité du jour
Et ce très beau houx trouvé dans le bois près de Canussel.
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